Pologne, le retour
Date : 04/03/2025
Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, Patrick Gautrat est nommé secrétaire d’ambassade à Varsovie en 1971, à sa sortie de l’École nationale d’administration. Conseiller technique puis chargé de mission au cabinet de Raymond Barre, ministre du Commerce extérieur puis Premier Ministre (1976), conseiller de presse à l’ambassade de France aux États-Unis (1977), délégué général du Comité central des armateurs de France (1981), il est ensuite chef de service des affaires générales à la direction des affaires économiques et financières (1987). Il est notamment directeur de la stratégie à la DGSE, puis ambassadeur à Varsovie (2001) et à Lisbonne (2004).

Après avoir évoqué rapidement quelques épisodes marquants de l’histoire aussi complexe que tragique de la Pologne, ont été narrées les conditions assez inattendues de l’affectation dans ce pays comme deuxième secrétaire à l’ambassade de France de Varsovie. Malgré les conditions très particulières d’un séjour dans une « république populaire » celui-ci -après un départ difficile- s’est révélé particulièrement enrichissant dans une période de détente relative sur le plan politique et économique au plan intérieur alors que « détente, entente et coopération » marquaient les relations pan-européennes sanctionnées par les accords d’Helsinki à la CSCE. Ces trois années de 1971 à 1974, se sont ainsi révélées plus gratifiantes que celles de 2002 à 2004, comme ambassadeur : Alors que la Pologne connaissait de nouveau un régime démocratique ainsi qu’une économie libérale, les difficiles négociations pour l’adhésion du pays à l’UE ainsi que la politique très pro-américaine de son gouvernement social-démocrate ont entraîné nombre de malentendus avec la France, tant à l’occasion de la guerre d’Iraq que sur les questions de sécurité et d’armement.
Paradoxalement, le 1° séjour aura donc été plus « facile » que le second !
Mais il ne pouvait être question d’abandonner ce récit en 2004 , année du « retour » de la Pologne en Europe, ces vingt années, jusqu’à la victoire d’une majorité libérale et pro-européenne, aura été particulièrement chaotique, les deux grands partis issus de « Solidarnosc », PO au centre et PiS à droite, se livrant une lutte sans merci, notamment entre 2015 et 2023, lorsque la droite « dure » du PiS était aux affaires et provoquait des sanctions de l’UE, eu égard à ses fréquentes violations de l’état de droit.
Fort heureusement, ces profondes divisions n’ont pas été de mise en matière internationale, les différents partis se rejoignant pour développer la sécurité du pays notamment en raison des menaces engendrées par la guerre en Ukraine, un voisin auquel un soutien exceptionnel était apporté en tous domaines, allant de pair avec un vaste effort de réconciliation.
La Pologne, avec laquelle la France a rétabli des relations de pleine confiance qui seront sanctionnées prochainement par un grand traité à Nancy, est désormais un membre incontournable de l’Union Européenne dont elle exerce actuellement la présidence et est appelée à jouer un rôle éminent pour la défense de celle-ci en disposant désormais de l’une des toutes premières armées de celle-ci. Alors que d’importantes élections présidentielles, s’annoncent en mai prochain , il est plus que jamais essentiel que Varsovie et Paris œuvrent de concert comme il se doit pour « deux pays qui n’ont jamais été en guerre », ainsi que le soulignait le Général de Gaulle.

Son dernier livre est sorti aux éditions Temporis :
https://editions-temporis.com/catalogue/pologne-le-retour/

