Climat, comprendre et agir !
Date : 28/01/2025

A la fin du formidable film de Visconti Le Guépard, Alain Delon, conscient que la révolution guette, en conclut « qu’il faut que tout change pour que rien ne change ». Nous en sommes là avec la crise climatique. Nos pratiques, notre consommation, nos modèles de production doivent drastiquement évoluer. Rapidement de surcroît.
Ce constat, implacable, laisse la voie à de nombreuses déclarations anxiogènes et déclinistes. Nul besoin pourtant de discours sacrificiel sur ce thème. Laissons le sang, la sueur et les larmes. Le mot crise provient du grec « krisis », qui signifie « juger » ou « décider ». Il était utilisé pour décrire un moment de décision ou de choix critique. Bien qu’il ait désormais une connotation anxiogène, je préfère le considérer dans son acception positive. La crise à laquelle nous sommes confrontés est une formidable opportunité de repenser le monde, d’améliorer la qualité de vie de nombreux habitants de la planète, d’innover, de rebattre les cartes de la compétition internationale, et de revitaliser le tissu entrepreneurial. L’action engagée depuis une vingtaine d’années obtient d’ailleurs quelques premiers résultats visibles, notamment en Europe. Mais nous ne sommes qu’au début du chemin.
Beaucoup reste à faire, dans nombre de domaines et de secteurs : l’énergie, les transports, l’industrie, le bâtiment et tant d’autres. Les rôles sont à distribuer ; chacun doit tenir le sien. « Il n’y a pas de musiciens inutiles », disait Jean-Paul Sartre, mais évitons la cacophonie.
Aux États, incombe la responsabilité de mettre en place le cadre propice au changement : mettre en œuvre des politiques favorables à l’innovation (éducatives, fiscales, économiques), déployer avec doigté les « catalyseurs » susceptibles d’accélérer la transformation (taxe / marché du carbone, étiquetage carbone, réglementations environnementales ciblées), et accompagner le phénomène de destruction créatrice qui accompagnera inéluctablement cette transition à marche forcée. Aux entreprises, incombe la responsabilité d’innover, d’investir, de convaincre les clients, de former les équipes, de recruter, de se transformer. Quant aux individus, il leur reste à s’engager utilement dans l’aventure, sans excès, sans fatalisme et avec toute leur intelligence.
Durant cette conférence, nous avons pu aborder : (1) la grande complexité des mécanismes de régulation du climat, (2) l’origine anthropique du problème, (3) les certitudes et les zones d’ombre quant aux diverses modélisations des futurs possibles, (4) une rapide histoire de la pensée environnementale, (5) les grandes philosophies d’action, (6) l’impasse de la décroissance, (7) les clés d’une action équilibrée qui allie croissance et respect de l’environnement, (8) les innovations prometteuses dans tant de secteurs.
Vincent Czeszynski t associé au sein du cabinet de conseil en stratégie EY-Parthenon. Centralien de formation, il accompagne depuis plus de 20 ans des dirigeants de fonds d’investissement, d’ETI et de grandes entreprises dans la définition de leurs axes de développement ou dans leurs projets de transformation.
La problématique climatique étant devenue omniprésente, il a décidé de s’immerger dans cet épineux sujet, en lisant, écoutant, et travaillant avec de nombreux acteurs de cet écosystème protéiforme. Passionné d’économie, de science, de littérature et de débats en tous genres, il nous livre son analyse transverse d’un sujet qui nous concerne tous.


